Entre projets de grande envergure et mauvais investissements : un conseil municipal mitigé
 # Bordeaux Le 09 juin 2010 à 13h43 
215aa_mairie-de-bordeaux.jpg
La salle affectée au public était pleine ce lundi 31 mai. La raison de cette forte affluence ? Peut-être l’affaire ayant secoué Bordeaux ces derniers temps (l’émission faite sur Dies-Irae, Saint-Projet et Saint-Eloi), ou bien le projet de grand stade, ou encore le plan Euratlantique, tous trois mis à l’ordre du jour.

Car la ville de Bordeaux se dote de grandes ambitions. L’idée d’un nouveau stade de football, qui serait pour Alain Juppé l’attribut indispensable de toute grande ville, ne fait toujours pas l’unanimité parmi les conseillers municipaux. Quatre délibérations concernaient ce projet. Qu’il s’agisse de partenariats entre public et privé, ou du choix d’une commission affectée à ce projet, un débat de fond sur la nécessité de ce stade fut encore une fois soulevé. L’opposition remarquait avec justesse qu’en ces temps de crise, alors que 25% des bordelais se situeraient sous le seuil de pauvreté, la construction d’un stade qui couterait 165 millions d’euros n’était pas forcément la priorité. Un conseiller à précisé l’utopie économique d’un tel projet. Certes les retombées en termes d’emplois seraient présentes, pourtant un tel investissement plomberait les finances de la ville. L’exemple cité de la Grèce, qui avait engagé 9 milliards d’euros dans ses jeux olympiques de 2004 fut convaincant, la situation économique désastreuse de ce pays parlant d’elle-même.
En bref, l’éternel débat sur le stade eut encore lieu lundi dernier, les uns blâmant qu’on veuille endormir le peuple avec des jeux à défaut de pain, les autres voyant dans le stade une possibilité nouvelle d’étendre le rayonnement de Bordeaux.

Un autre projet fut évoqué : Euratlantique. Cette opération urbaine gigantesque qui s’étalera sur quinze ans visera la transformation et la construction de plus de 750 hectares de ville entre Bordeaux, Bègles et Floirac. Ce projet a réconcilié les partis, car tous ont salué le bien-fondé de cette Opération d’Intérêt National.

Une telle entente ne durant jamais longtemps, un bémol a ensuite été mis par l’opposition lors d’une délibération sur le Fonds d’Intervention Local (FIL), qui permet d’octroyer des subventions aux associations bordelaises. Des erreurs de gestion ont été pointées. Ainsi, 3500 € ont été donnés à une association qui a disparu, 1500€ à une autre qui ne comptait que deux membres dont un d’honneur, et enfin 5000 € ont été affectés à un voyage de classe dans un établissement privé…De telles attributions sont assez gênantes, et on peut parfois penser que l’attribution des subventions est aléatoire, ce qui inquiète sur la gestion de l’argent public.

Pourtant, Alain Juppé a tenté de remonter le moral des troupes en citant un sondage européen portant sur la qualité de vie dans les grandes villes. Et Bordeaux se trouve toujours dans les 10 premières villes européennes (dans un classement en comportant plus de 70), excepté pour la durée des trajets quotidiens. La sécurité, le logement, et la qualité de vie générale des bordelais seraient donc en bonne place comparativement aux autres villes françaises et européennes. Même si on pourrait se réjouir de ces faits, n’oublions pas que qualité de vie ne signifie pas Bien Commun, tout comme le bien-être ne saurait être assimilé au bonheur. Ces distinctions ont toute leur importance, surtout à la suite de l’affaire des « Infiltrés », qui a vu des institutions catholiques être fustigées par les plus fervents défenseurs de la démocratie.

C’est avec ce sujet que le maire a terminé la séance du Conseil Municipal. Suite à une question écrite concernant le Cours Saint-Projet et l’église Saint-Eloi, Alain Juppé a remis les choses au point. La convention établie avec l’association Eglise Saint-Eloi a été rompue, et l’église a été remise à l’évêché. Le dossier Saint-Eloi ne concerne donc plus directement les affaires municipales. Quant au Cours Saint-Projet, seule l’Education Nationale peut légitimement s’y pencher, ou bien la Justice si des poursuites sont encourues. Là encore, la ville n’a aucune raison de se mêler de ces affaires. Le maire a aussi rappelé la parfaite légalité des procédures qui ont vu l’installation de ces institutions à Bordeaux. Après cette remise en ordre, la séance fut levée, et l’opposition sembla quelque peu frustrée de n’avoir pu mettre en cause la municipalité sur un dossier polémique pouvant alimenter les habituelles querelles politiciennes.

Sites amis :
Flux RSS :
 Actualités
 Vie du mouvement
Lettre d'information :
 S'inscrire
 Se désinscrire
votre adresse mail :
 
Autres :
> Voir tous nos liens
> Voir toutes nos vidéos
> Voir tous nos dessins