La bande à Baader : la dérive terroriste de l'extrême gauche
 # Bordeaux Le 29 janvier 2010 à 17h58 
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Notre atelier du 27 janvier sur la projection du film La Bande à Baader a été un succès puisque près de 20 personnes ont pu découvrir ce film traitant d'une période méconnue et pourtant importante de l'histoire contemporaine allemande. Ce film est de très grande qualité puisqu'il retrace avec précision et exactitude les actions menées par la Rote Armee Fraction, plus connue sous le nom de Bande à Baader. 

Le film est une production allemande, distribué par la même maison de production que La Chûte en 2005. Il est d'ailleurs à noter que nombre d'acteurs jouent dans les deux films. Tout ceci indique une réelle volonté de réalisme et de sérieux dans la documentation, encore renforcée par la présence de nombreuses images d'archives intégrées au film, et par la forte ressemblance entre les acteurs principaux et les rôles qu'ils incarnent. 

L'histoire de la Bande à Baader est celle de la dérive terroriste du mouvement d'extrême gauche allemand, qui suit en cela un mouvement quasi général en Europe avec la naissance des Brigdes Rouges en Italie, le regain des actions de l'I.R.A, la naissance des mouvements terroristes Basques et Catalans en Espagne. 

Ce mouvement est né autour de la personnalité charismatique d'Andréas Baader, né le 6 mai 1943, orphelin de père en 1945, il devient après une jeunesse difficile un militant de la gauche révolutionnaire allemande. Avec sa compagne, Gudrun Ensslin, née en 1940 d'un père pasteur Luthérien et petite fille modèle, avant d'entreprendre des études à l'Université libre de Berlin. 

Ce couple charismatique et dévoré par la fièvre révolutionnaire, mène sa première action en incendiant avec deux complices plusieurs grands magasins de Francfort en avril 1968. 

Leur lutte se place sur le terrain de l'anticapitalisme radical, par la dénonciation de la société de consommation, ainsi que sur celui de l'anti-impérialisme américain. Pour ce groupe, qui ne dépassera jamis plus de 80 membres, la violence est une nécessité car elle répond à la violence de la société et de l'appareil d'état à leur endroit. La lutte menée par la Fraction Armée Rouge est une guerre à mort contre le système, elle est a replacer dans le contexte de l'époque, particulièrement troublé depuis le printemps 1968, et profondément conditionné par la guerre du Viêt-Nam. L'une des caractéristiques de cette orgnaisation tient aussi à l'histoire allemande, et au fait que la jeunesse des années 60 reproche ouvertement aux générations précédentes d'avoir laissé agir le national-socialisme sans réagir. Ceci entraîne chez eux une mystique politique basée sur l'action, pour eux ne pas agir c'est cautionner. 

Sans soutenir ce type de mouvement reconnaissons leur une certaine lucidité sur les maux qui rongent nos sociétés : le matérialisme, la consommation de masse, la mise sous tutelle de nos pays par les Etats-Unis. Nous devons aussi admettre que ce sont des maîtres dans l'art de la lutte contre le pouvoir, tant dans la manière dont ils conçoivent l'action politique, que dans l'utilisation qu'ils font des moyens de communication, communiqué de presse notamment. 

Nous pouvons cependant nous demander quelle fut la portée de leurs actions, car si 1 jeune allemand sur 4 avait de la sympathie pour le groupe, celui-ci n'a pu faire triompher ses vues. Tous les membres fondateurs ont été arrêtés et après un procès houleux, condamné à de lourdes peines d'isolement, ce qui contribua à leur suicide en prison, ou à leur élimination sur ordre du gouvernement, le débat est toujours ouvert. 

Après la mort en 1977 d'Andréas Baader, de Gudrun Esslin et des principaux fondateurs de la Bande à Baader, le groupe a continué d'exister et de sévir en Allemagne, ne se dissolvant qu'en 1998. 

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