| Conseil Municipal de Bordeaux du 21 décembre 2009 | |
| # Bordeaux | Le 28 décembre 2009 à 14h46 |
Le dernier Conseil Municipal de Bordeaux a permis de voir une certaine efficacité dans la gestion de la ville. L’ordre du jour concernait le budget alloué à l’année 2010, et après l’exposition des grandes lignes directrices par Alain Juppé, maire de Bordeaux, chacun de ses adjoints a présenté ses propres objectifs et futurs investissements.
Le maire a entamé son exposé avec le montant du budget de la ville pour l’année 2010 : 386 millions d’euros. Ce chiffre est en hausse par rapport à l’année dernière, mais pourtant, les impôts n’augmenteront pas en 2010, et la dette bordelaise continuera d’être remboursée. Car les citoyens ne sont pas forcément au courant, mais la plupart des villes françaises sont endettées. Cet endettement est souvent du à une décentralisation des responsabilités vers les communes, mais qui ne s’est hélas pas accompagnée des moyens conséquents. C'est-à-dire que l’Etat a voulu donner plus de pouvoirs aux villes, mais sans leur donner les moyens financiers de les exercer. C’est ainsi que Bordeaux doit 186 millions d’euros, à diverses banques principalement…Mais Alain Juppé a fait remarquer que cette baisse avait diminué de 80 millions d’euros depuis 1995, ce dont on ne peut que se féliciter, d’autant plus que le contribuable ne sera pas lésé cette année puisque les impôts n’augmenteront pas. Ces impôts (la taxe d’habitation) sont d’ailleurs le fruit d’une décision commune entre l’Etat (qui en fixe la base), et la Ville (qui décide du taux d’imposition), ce qui induit une responsabilité partagée. L’opposition a tenté de détruire ce satisfecit, expliquant que lorsque les impôts sont élevés, une baisse mineure n’est pas difficile, mais reste illusoire. C’est alors qu’Hugues Martin, adjoint au maire chargé des finances, a exposé les chiffres des taux d’imposition des grandes villes française, et a montré ainsi que Bordeaux ne pratiquait pas de taux exorbitants en comparaison des autres agglomérations. L’opposition a aussi critiqué le remboursement de la dette, préférant une politique d’investissement plus importante. Ce décalage avec la réalité put sembler navrant, d’autant plus que la politique bordelaise est un exemple de conciliation entre investissements et remboursement de sa dette, et qu’il semble étrange de ne pas se préoccuper de celle-ci, comme le voudraient les détracteurs de la droite. Le conseil municipal s’est ensuite poursuivi par l’intervention de chaque adjoint au maire, qui exposait tout à tour ses priorités budgétaires. On a pu noter quelques perles symptomatiques du mal-être de notre société : antennes de « soutien à la parentalité » dans les centres d’accueil de la petite enfance (l’état nous dit maintenant comment éduquer nos enfants, le pire étant que la demande vient surement des mères elles-mêmes) ou encore l’établissement du numérique dans toutes les écoles (numérique ou papier de toute manière, pour enseigner le programme de l’éducation nationale…) Pourtant on a aussi pu noter de bonnes initiatives, telles que l’aide au maintien à domicile des personnes âgées, la rénovation des églises (Saint-Louis et Sainte-Marie), et surtout, l’amélioration de la collecte des déchets. Ce dernier point a été particulièrement mis en exergue par le maire et ses adjoints, car il apparaît vraiment défectueux, surtout dans le centre-ville, notamment à cause du difficile passage au tri sélectif. Il a donc été prévu d’augmenter la fréquence de la collecte des déchets, et d’adapter le tri sélectif au centre ville, afin qu’il soit mieux accepté par les habitants. Après ses inutiles premières interventions, l’opposition s’est faite plus pertinente, notamment grâce à un conseiller Vert, qui a dénoncé le décalage entre les 400 000 euros qu’auront couté les illuminations de Noël, et les 100 000 euros alloués à l’habitat et aux logements. En outre, le projet de nouveau stade fit l’objet d’une proposition intéressante par l’opposition : pourquoi Bordeaux finance-t-elle ce projet, alors que c’est le club des Girondins qui perçoit toutes les recettes, et pourrait donc mettre la main à la pâte ? En définitive, malgré les débats stériles qui, comme nous l’avions remarqué lors du dernier conseil, animent souvent la plus grande partie des conseils municipaux, on peut constater que la gestion de la ville est assurée de manière pragmatique et assez efficace. Certes, les détails concrets de la gestion d’une agglomération ne peuvent susciter qu’une adhésion pratique et inconditionnelle, pourtant il est possible que toutes les stratégies de gestion locales ne se valent pas. Nous attendons donc de voir le budget 2010 à l’épreuve de la réalité, espérant la tenue des promesses municipales. |
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