| Gestion Feltesse : la CUB ne tourne pas rond ! | |
| # Politique # Economie | Le 13 janvier 2009 à 14h57 |
La CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), instance relativement peu connue du grand public, qui gère la politique des 27 communes de l’agglomération bordelaise en matière de transports, de voirie, d’équipement, de collecte des déchets, d’assainissement, d’environnement et d’économie, est plongée depuis le mois de décembre dans une grave crise, liée à la gestion de son Président, Vincent Feltesse, par ailleurs Maire de Blanquefort. Ce climat de crise est le résultat de la gestion du président de la CUB, monsieur Feltesse, suite à l’annulation par le Conseil d’Etat de la délibération sur le changement de prestataire pour la gestion des transports de l’agglomération, qui passait du Groupe Véolia au Groupe Kéolis. Or ce changement, pour légitime qu’il soit de prime abord, n’a semble-t-il pas été réalisé dans les règles car l’appel d’offre européen, obligatoire pour un marché de cette ampleur a complètement été passé à la trappe. Rappel des faits : En cette fin 2008, le contrat de gestion du réseau de transports de l’agglomération qui lie la CUB à la Société Véolia arrive à son terme. Pour diverses raisons, qui tiennent entre autres, à l’incapacité de Véolia à augmenter la fréquence des passages du tramway, la Communauté Urbaine souhaite confier son réseau de transports à un autre prestataire. Un appel d’offre national est lancé, mettant en place le Groupe Kéolis, rival français de Véolia, en position de force, et qui finira par l’emporter lors du vote des élus communautaires. Notons toutefois qu’Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, et son groupe Communauté d’Avenir, n’ont pas pris part au vote. Quoiqu’il en soit, un recours judiciaire est lancé par une société belge, au motif qu’il n’y a pas eu d’appel d’offre européen, obligatoire pour un marché d’une telle importance. Le Conseil d’Etat a donné raison en début décembre à cette société par l’annulation de la décision du Conseil de la CUB, obligeant celui-ci à prendre dans l’urgence une nouvelle délibération prorogeant le contrat de Véolia. Le plus grave dans cette affaire reste la gestion de la crise, par l’équipe dirigeante de la Communauté Urbaine. Car Vincent Feltesse, au lieu de soutenir ses services et d’assumer l’erreur, lance une bombe dans la presse locale annonçant qu’une enquête interne va être diligentée afin de connaître les responsables de l’erreur. Plusieurs services sont nommément cités dans l’article, causant un trouble important au sein des 2 700 agents de la CUB : en effet, en 40 ans d’existence, jamais un Président ne s’en est pris à ses services. Il faut savoir que dans la Fonction Publique, tout remonte au sommet, le moindre courrier est avisé par toute la hiérarchie. Alors pour un marché de 785 millions d’euros, comment imaginer que le Président et le Directeur Général aient pu ignorer le dysfonctionnement. Seulement, la tentation de ne pas suivre les longues procédures administratives est souvent alléchante, surtout si l’on veut, à l’instar du Président de la CUB, briller sur la scène politique et tenter d’imposer un style pour faire oublier ses prédécesseurs monsieur Alain Rousset et monsieur Alain Juppé qui avaient une autre envergure. Cette affaire nous éclaire sur la personnalité de Vincent Feltesse, que d’aucuns présentent comme un politique atypique. Elle n’est que la confirmation de l’agressivité et du sectarisme de cet homme, ancien responsable du SCALP (Section Carrément Anti Le Pen ; groupuscule violent d’extrême gauche) bordelais. Celui-ci a démarré sa carrière politique en 1998, en devenant Directeur de Cabinet du nouveau Président de Région, Alain Rousset. A ce poste, il fit preuve de son « sens de la démocratie» en refusant de recevoir, malgré l’usage, la secrétaire du Groupe Front National de la Région Aquitaine. L’homme est cependant habile puisqu’une récente parution du Sud-Ouest annonce le retrait du Directeur Général de la CUB, Pierre Langrand. Le journaliste, laisse entendre que ce départ est une conséquence directe de l’affaire Kéolis, alors qu’il n’en est rien. Le départ de Pierre Langrand faisait partie de l’accord de cogestion signé en avril dernier entre Juppé et Feltesse. Cependant, présenté de la sorte, cela permet à Vincent Feltesse de sauver la face et de prouver qu’il est l’homme de la situation, et son Directeur Général, par ailleurs fort contesté en interne, passe pour un homme dont la grandeur d’âme lui fait accepter le sacrifice. Cette opération de communication, révèle une nouvelle fois s’il en était besoin, la collusion existant entre médias et politiques, et laisse présager de profonds remaniements au sein de la Communauté Urbaine dont nous vous tiendrons naturellement informés. |
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