| Elections Américaines : Quand Obama casse la baraque | |
| # Politique | Le 10 novembre 2008 à 14h03 |
Ça y est, après des mois d’une campagne palpitante qui a tenu le monde entier en haleine, voici qu’un jour nouveau est arrivé sur le monde, l’aube d’une ère nouvelle. En ce mardi 4 novembre 2008 le nouveau Messie est venu « jouez hautbois, résonnez musette », et d’un seul coup d’un seul, les Etats-Unis, puissance dominatrice et honnie depuis 8 ans sont redevenus le phare de l’humanité, montrant la voie du progrès aux autres Nations. En effet ce jour est historique puisque pour la première fois dans l’Histoire un pays encore majoritairement blanc a élu un Président non pas Noir mais métis. A écouter nos belles âmes : tous les pseudos intellectuels, journalistes de bas étages, plumitifs ratés ou acteurs en mal de notoriété, rien d’aussi décisif n’était survenu dans l’histoire du monde depuis l’élection de Kennedy en 1960. Il est cocasse de voir que tous ces professionnels de l’antiracisme font de l’origine ethnique de Monsieur Obama le point majeur de cette élection (les races existeraient-elles ?). Cette « Obamania » qui a emporté le monde depuis des mois et, qui depuis mardi, confine à l’hystérie collective est tout sauf spontanée, et nous instruit un peu plus sur le système prétendument démocratique dans lequel nous vivons. Essayons d’y voir un peu plus clair dans cette élection qui sent la manipulation à plein nez. Un scrutin sans appel : Il n’est pas ici question de prendre parti pour tel ou tel candidat, il nous suffit de rappeler que ce scrutin met en scène deux hommes qui, sur les dossiers qui intéressent l’Europe et le reste du monde sont globalement d’accord, que ce soit au sujet de l’Irak, de l’Afghanistan, du Proche Orient, de la Russie ou de l’Iran, mais aussi des liens entretenus avec l’Europe. Tout au plus pouvons-nous espérer une légère décrispation de la part d’Obama. Il est clair que pour nous Mac Cain ou Obama sont aussi néfastes aux intérêts de l’Europe. Les résultats du scrutin présidentiel de mardi, comme ceux des renouvellements partiels des membres du Sénat et de la Chambre des Représentants font apparaître une victoire écrasante du candidat Démocrate et de l’ensemble de son parti. En effet Monsieur Obama a emporté les suffrages de 364 grands électeurs contre 174 à son adversaire Républicain Monsieur Mac Cain. Rappelons à ce sujet que les Présidentielles Américaines ont lieu au suffrage indirect, les électeurs désignant des Grands Electeurs et non le Président. En terme de suffrages, Obama a récolté environ 64.5millions de voix contre 58.6 millions pour Mac Cain. Cette très nette victoire a été accentuée par les victoires Démocrates au Sénat et à la Chambre. Ainsi, Obama dispose de tous les leviers pour mener la politique qu’il entend et aura une opposition très affaiblie. Cette victoire, que d’aucuns voient comme l’ouverture d’une ère nouvelle où les Etats-Unis renonceraient à la domination du monde par altruisme (normal puisque leur grandeur d’âme leur a fait élire un métis), n’est en réalité que le contre coup de la crise économique qui frappe de plein fouet les Etats-Unis, et de la désastreuse politique de l’administration Bush. Il est une nouvelle fois vérifié que les Conservateurs ne sont capables que de ramener au pouvoir la Gauche. Ainsi, Mac Cain a payé les errements de 8 années de politique imbécile, qui ont conduit les Etats-Unis dans le bourbier Irakien. Cette brillante opération a coûtée la bagatelle de 3 000 milliards de Dollars comme l’a révélé le Prix Nobel d’économie John Stiglitz, et a causé la mort de milliers de soldats américains, tout en détruisant le seul Etat de la région qui associait la minorité Chrétienne au pouvoir. Pour Bush et son équipe, l’échec est patent, et démontre toute l’hypocrisie qui a entouré cette guerre. De plus, à l’heure où la crise frappe, l’électeur Américain trouve que les 3 000 milliards de Dollars auraient pu être employés à soulager la pauvreté endémique de certains secteurs de la population. Cette vision « interne » des choses a conduit les électeurs à vouloir le changement, même s’il n’en a que l’apparence. En effet, vu d’Europe, pour qui s’intéresse à la politique américaine, Démocrates et Républicains mènent la même politique étrangère. N’oublions pas que Clinton a maintenu l’Irak sous embargo pendant 8 ans, provoquant la mort d’un million de personnes dont 500 000 enfants, qu’il a fait bombarder la Serbie en 1999. Ne doutons pas qu’un Président Démocrate aurait agi comme Bush après le 11 septembre. Si les Américains peuvent croire au changement, nous Européens, ne devons pas nous bercer d’illusions. Avec Obama la « croisade pour la Démocratie mondiale va se poursuivre ». La seconde raison du triomphe du Sénateur de l’Illinois, qui n’est que peu évoquée dans la presse, est une affaire de finances. Il s’avère, comme le relève Le Figaro, que cette élection est la plus chère de l’histoire du pays, avec 2 milliards de Dollars dépensés par les candidats. La répartition est encore plus significative puisque on y apprend qu’Obama a reçu 639 millions de Dollars contre 360 millions pour Mac Cain. Cette somme colossale provient uniquement des dons des partisans du nouveau Président puisque celui-ci a refusé la subvention publique de 85 millions de Dollars pour ne pas avoir de plafond de dépenses. Si 48% de cette somme provient de petits donateurs (moins de 200 Dollars), le reste, soit 350 millions environ, est le fruit des dons de la classe aisée et plus encore de grands groupes financiers ou bancaires, comme la banque Goldmann et Sachs qui a versée 5 millions de Dollars, ou Citigroup qui a dépensé 4.2 millions. Les dépenses du candidat Démocrate dépassent, elles aussi, tous les records précédents pour atteindre 593 millions de Dollars (nous sommes loin des 21 millions d’Euros dépensés par Sarkozy en 2007 !). Ces sommes astronomiques ternissent quelque peu l’image de « chevalier blanc » - sans jeu de mots - d’homme politique différent et proche du peuple que les médias ont donné d’Obama. Le nouveau Président vient d’ailleurs de remercier son collecteur de fonds pour la campagne, Rahm Emanuel, en nommant celui-ci Secrétaire Général de la Maison Blanche… Une marionnette aux mains des groupes de pression : Ce poids immense de l’argent dans la politique Américaine donne la clef du système politique de ce pays et plus généralement du monde Occidental. Barack Obama n’est qu’un pantin, une marionnette, comme d’ailleurs ses prédécesseurs, entre les mains de groupes puissants. Comment ne pas croire que les milieux d’affaires financent les campagnes électorales sans l’espoir d’être payés de retour ? Il faut également noter que les équipes de conseillers qui gravitent autour des présidents sont issues des mêmes sphères. Elles sont composées de personnes issues de ce que l’on nomme les Think-Tanks, cercles de réflexion et groupes d’influence puissants. Ce sont ces personnes les véritables maîtres de la première puissance mondiale. Ils n’apparaissent jamais au grand jour mais pilotent l’ensemble de la politique mondiale. Ces groupes de pression sont les représentants des intérêts des grandes banques, de la finance mondiale et des complexes industriels. Face au poids que représentent ces organismes on peut douter des chances laissées aux dirigeants politiques quels qu’ils soient. L’hystérie pro-Obama qui sévit depuis des mois dans les médias et chez les « élites » du monde entier est au mieux de la naïveté, mais au pire une volonté délibérée d’endormir un peu plus les peuples. Les tenants du mondialisme échevelé et de la main mise du libéralisme démocratique sur la planète entière se sont aperçus que la méthode Bush avait ses limites. Après 8 années de pouvoir arrogant, les Etats-Unis, qui ne sont que le faux nez de l’hydre mondialiste derrière lequel s’agitent les tenants de la finance mondiale et du liberal-libertarisme nomade, sont devenus la puissance la plus haïe de la planète. Avec le spectaculaire redressement Russe, la menace de la Chine et de l’Inde, il était plus que temps de changer de tête. Quoi de mieux dans ce domaine qu’un Obama. Métis, beaucoup plus souple que Bush, plus ouvert sur les questions de politique étrangère, d’apparence moins sectaire, il était le candidat idéal pour une vaste opération de communication. Celle-ci a été organisée de main de maître par les médias, tous propriétés de groupes financiers transnationaux, afin de faire d’Obama un homme de changement et d’ouverture. Cette opération était nécessaire pour permettre la survie du système, car un homme comme Mac Cain était trop marqué et trop proche de Bush. Son élection aurait sans doute marquée un regain de tension à l’encontre des Etats-Unis, donc du mondialisme. Avec Obama « le gentil », les tenants du système désarment leurs adversaires, rien ne changera sur le fond, mais la méthode brutale de Bush aura été abandonnée au profit de celle feutrée d’Obama. L’opération est une réussite puisque Le Monde du 6 novembre pouvait écrire qu’en cet instant nous avions « plus de raisons de nous sentir Américain qu’après le 11 septembre 2001 ». La victoire de Barack Obama est donc le dernier coup de dés du système pour tenter de se sauver. Après avoir tenté la méthode violente avec Bush, il essaie la méthode douce, mais soyons sûr d’une chose, le monde de Bush et d’Obama est le même : un monde mis en coupe réglé par un capitalisme financier sans limites, obligé de se prosterner devant la Démocratie universelle imposée, et plus que jamais menacé d’un métissage universel. Seule la méthode a changé. A nous de rester vigilants et de lutter pour notre Identité menacée car l’adversaire est désormais un loup déguisé en agneau. |
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