Elections Sénatoriales : beaucoup de bruit pour rien
 # Politique Le 02 octobre 2008 à 11h55 
6b816_senatorial.jpg
Dimanche 21 septembre avaient lieu les Elections Sénatoriales afin de renouveler 114 des 343 sièges de la « Haute Assemblée » française. Ces élections n’ont pas, loin sans faut, passionnées l’opinion publique. Ce manque d’intérêt est bien compréhensible tant le rôle du Sénat, son fonctionnement et son histoire sont méconnus du public. Enfin, le mode de scrutin indirect, ne favorise pas la civilité des électeurs. De fait, le Sénat apparaît comme une institution surannée, servant de refuge aux politiciens en fin de course ou n’ayant pas la possibilité de prétendre à un destin plus important.

Historiquement le Sénat est né en 1795, avec la création du Conseil des Anciens, institution thermidorienne destinée à équilibrer la chambre basse ou Conseil des 500 et ainsi créé un système bicaméral, afin d’éviter la toute puissance d’une Assemblée unique comme l’avait été la Convention. 
Ce système a perduré avec l’avènement de l’Empire puis de la Restauration avec la constitution du Sénat Impérial, puis de la Chambre des Pairs. Cette dernière, calquée sur la Chambre des Lords, permettait à l’ancienne noblesse de siéger de droit dans une assemblée. Le Sénat, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est né des Lois constitutionnelles de 1875 instaurant la IIIème République.
Il est composé actuellement de 343 sénateurs élus au suffrage universel indirect, pour une durée de 9 ans, réduite à 6 ans par la réforme de 2004. Cette élection est généralement un vaste marchandage en raison de la composition du collège des grands électeurs. En effet, ce sont à 95% des représentants des communes, (maires, maires adjoints, conseillers municipaux, ou délégués dans les communes importantes), les 5% restants se répartissant entre les conseillers généraux, les conseillers régionaux et les députés. Le scrutin est entièrement cadenassé et ne permet à aucune formation politique dissidente d’obtenir un seul élu. 
Cette disposition est accentuée par la représentation sociologique du Sénat qui, traditionnellement, se veut la voix de la ruralité et des petites communes par rapport à l’Assemblée Nationale.
Ainsi les sénateurs sont souvent des maires de communes rurales ou des conseillers généraux. Ainsi la tête de liste de l’UMP en Gironde était le sénateur sortant et maire de Soulac-sur-Mer, Xavier Pintat, qui par ailleurs est le fils et héritier de Jean-François Pintat, qui fut maire de Soulac de 1959 à sa mort en 1990, ainsi que Vice-President du Sénat dans les années 1980, et pour faire bonne mesure Vice-President du Conseil Régional d’Aquitaine. Quant on vous dit que le Sénat est un reste d’Ancien Régime…, mais un reste sans grandeur, sans sens de l’Etat et du service.

Tout ce petit monde politique créé ainsi les réseaux sans lesquels il est impossible de se faire élire lors des autres scrutins. Il ne faut donc pas chercher trop loin les échecs répétés de la Droite nationale française. Celle-ci, incapable de s’implanter durablement ne peut tisser les réseaux nécessaires, d’où l’échec des tentatives présidentielles de son champion. Il faut également reconnaître la puissance du conditionnement médiatique français, qui éloigne de notre courant de pensée la plupart des décideurs régionaux. Il est presque impensable, qu’un chef d’entreprise de quelque renom s’associe au Front National, ou au courant identitaire comme on peut le voir en Autriche, en Italie ou en Belgique.

Le Sénat n’a donc pour seule véritable utilité que de conserver l’ordre établi, d’éviter toute réforme des institutions, comme la réduction du nombre de communes, ou le redécoupage du pays en provinces enracinées, tout projet soumis au double vote de l’Assemblée et du Sénat. Combien, dans ces conditions, de petits chefs locaux, semblables à des chefs mafieux, perdraient leur influence et leur pouvoir. Mieux vaut rester immobile et ne rien faire changer, jamais. Cependant cet immobilisme à un coût particulièrement élevé pour le contribuable. En effet, chacun des 343 sénateurs gagne mensuellement 11 540 € nets, dont la moitié échappe légalement au fisc. Ce traitement princier n’incite pourtant pas les sénateurs à travailler puisque seuls 90 d’entre eux sont assidus aux séances, selon les pointages, cependant que 120 n’y mettent jamais les pieds et 120 autres n’y siègent qu’à temps partiels. A cela s’ajoute le personnel pléthorique nécessaire au fonctionnement de l’institution et à l’entretien de l’un des plus beaux palais nationaux, le Luxembourg, et dont les traitements mensuels varient de 2 300 à 20 000 € (source le Salon Beige du 5 septembre 2008).
Nous comprenons que ceci dépasse l’électeur moyen et le porte à une méfiance sans borne de la classe politique. Pour la petite histoire, l’UMP a conservé la majorité absolue au Sénat, mais la gauche a tout de même gagné 23 sièges. 

Toute chose insignifiante au vu de ce que nous venons d’évoquer, et qui doit nous inciter à demander le remplacement du Sénat par une assemblée vraiment représentative du peuple français et de ses terroirs, une assemblée où siégeraient les représentants des différentes provinces françaises.
Sites amis :
Flux RSS :
 Actualités
 Vie du mouvement
Lettre d'information :
 S'inscrire
 Se désinscrire
votre adresse mail :
 
Autres :
> Voir tous nos liens
> Voir toutes nos vidéos
> Voir tous nos dessins