| Match pour devenir la Capitale Européenne de la Culture 2013 : Marseille : 1 / Bordeaux : 0 | |
| # Culture | Le 17 septembre 2008 à 12h03 |
La traditionnelle rivalité qui oppose les deux villes depuis plusieurs décennies dans le domaine footballistique s’était depuis quelques semaines doublée d’une rivalité culturelle.
En effet, les deux cités, ainsi que l’ancienne capitale des Gaules, concouraient pour le titre de Capitale Européenne de la Culture en 2013. Si dans le domaine sportif, Bordeaux demeure invaincu par Marseille depuis 35 ans sur son terrain, la première confrontation culturelle a tourné à l’avantage de la citée Phocéenne. La décision tant attendue est tombée hier en fin d’après-midi, et en désignant la ville de Marseille, a singulièrement douchée les ardeurs bordelaises. Les édiles bordelais pouvaient être confiants, puisque depuis un an la ville vit sur le capital engrangé par son classement au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. La désignation de la métropole aquitaine comme capitale de la culture en 2013 n’était que la suite logique des événements, et aurait propulsée Bordeaux au rang d’agglomération incontournable. La gageure était de taille en permettant à Bordeaux d’atteindre le niveau que souhaite lui donner l’actuelle équipe municipale. Malgré les atouts incontestables de la ville, celle-ci partait avec quelques handicaps sérieux qui ont dû influencer le jury. En premier lieu, la déclaration de candidature très tardive de Bordeaux, qui n’a déposée son dossier qu’il y a quelques mois, quand ses concurrentes l’ont mis au point sur les deux dernières années. Ce départ tardif pouvait faire penser que Bordeaux était peu intéressée par cette initiative, d’où pour compenser, un appel à la ferveur populaire pour soutenir le projet lors de la visite de la Commission début septembre. La faiblesse du budget alloué à l’organisation de la candidature bordelaise, 60 millions d’euros, soit la somme la moins élevée des quatre villes candidates, a fortement desservi la ville. Pour accueillir des événements de ce type, il faut être en mesure d’y consacrer les finances adéquates (imaginons un instant les Jeux de Pékin avec un budget amputé de moitié). Enfin, même si nous ne pouvons émettre ici que des suppositions, il est probable que les errements liés au classement UNESCO, (pour mémoire, la municipalité a dissimulée à l’UNESCO la destruction programmé d’une écluse au sein du périmètre classé ainsi que la construction du futur pont Lucien Faure, dont les arches vont culminer à près de 45 mètres et ce à moins de 500 mètres du centre classé) ont miné la confiance de la Commission d’attribution pour 2013. D’autant qu’ériger une ville, qui pourrait se voir radier du Patrimoine mondial (sanction envisagée au début de l’été), capitale européenne de la culture, serait une preuve de manque de sérieux. Malgré toutes les réserves que l’on peut émettre sur la tenue d’une telle manifestation, quand on sait que les mots d’ordre sont la diversité et la pluralité des cultures, ainsi que l’ouverture à la différence, Bordeaux perd malgré tout assez gros dans cette décision. Etre capitale de la culture aurait permis à notre ville d’obtenir des financements et de voir naître des infrastructures qui lui font défauts, dans le domaine culturel notamment. Nous pouvons conseiller à la municipalité, orpheline de grands projets, de se tourner vers une culture un peu moins tape à l’œil et métissée, en relançant une véritable culture populaire et enracinée. Nous avons, contrairement à ce qu’ont pu écrire certain un patrimoine exceptionnel et une histoire particulièrement riche à mettre en valeur. Cette vision est d’ailleurs celle de la municipalité, qui depuis 10 ans tente, non sans succès, de rendre à Bordeaux sa physionomie (l’argent dépensé dans cette entreprise a probablement fait défaut à Bordeaux 2013 mais qu’importe), loin de la culture élitiste et subventionnée. Il serait de même possible de relancer un grand festival de musique classique, tel qu’il existait au temps du chabanisme triomphant, et qui permettait à Bordeaux d’inviter les plus grands orchestres européens, donnant par là ses lettres de noblesse à la culture. |
|
Sites amis :
|
Flux RSS : Actualités Vie du mouvement
|
|
Autres : > Voir tous nos liens > Voir toutes nos vidéos > Voir tous nos dessins |