Le bras de fer se poursuit entre la Russie et l’Occident
 # Politique # International # Géopolitique Le 15 septembre 2008 à 16h37 
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La crise Géorgienne qui a éclatée cet été, et qui constitue un des avatars de la désastreuse politique de Washington (voir notre précédent article sur le sujet), a connue depuis 8 jours de nouveaux rebondissements. Ces derniers ont été abondement commentés par les grands médias Français, sans toutefois que ne cesse la partialité de ceux-ci à l'encontre de la Russie (exception faite de l'interview de Wladimir Poutine, parue dans le Figaro du 13 septembre). 

Cette crise majeure est riche cependant d'un certain nombre d'enseignements pour qui veut se donner la peine de dépasser les oukases du prêt à penser.

Nous pouvons constater tout d'abord la grande modération de la Russie dans ce conflit. En effet, bien que maîtresse du jeu diplomatique dans la région, elle ne cherche pas à pousser trop loin son avantage.

Elle n'a pas souhaitée conquérir de nouveau territoire, mais simplement soutenir deux régions de Géorgie, l'Ossétie du Sud et l'Abkazie,  à devenir autonome. D'ailleurs, si l'on se souvient des premiers jours du conflit, les journalistes occidentaux parlaient de l'avance des troupes Géorgiennes en Ossétie et précisaient que les troupes Russes observaient ces mouvements depuis leur territoire (voir les archives des JT de TF1, France 2). 

Il s'agit donc bien d'une agression de la Géorgie, non pas directement contre la Russie, mais contre des régions à tendance séparatiste qui veulent se rapprocher de la Russie. On peut supposer d'ailleurs, comme nous l'avancions dans notre article du 1er septembre, que l'attaque Géorgienne a été soutenue et préparer par Washington. Cette hypothèse est étayée par les découvertes des troupes Russes, en particulier des passeports de civils Américains, sur les lieux des combats comme le révèle Monsieur Poutine dans le Figaro de samedi. On peut dire que la main de l'agresseur a été téléguidée et que les Etats-Unis tentent une nouvelle fois de déstabiliser la Russie.

Leur stratégie ayant échouée, du fait en partie de la disproportion des forces en présence, et aussi car affronter directement la Russie en tenant les promesses faites au gouvernement de Tblissi serait par trop coûteux, les Etats-Unis tentent de diaboliser la Russie en lui faisant endosser les habits du « fauteur de guerre ».

Ainsi le monde dit occidental se met en branle contre le danger Russe. L'Express titrait à la fin du mois d'août avec une photo de Poutine, « Russie, pourquoi nous devons avoir peur ? » Ce brillant journal, voyait la tyrannie de Moscou à nos portes et notre salut dans le soutien inconditionnel à Washington. Ces pitreries journalistiques peuvent être drôles, encore qu'elles faussent l'image de la Russie auprès de nos compatriotes, mais ne sont rien face aux menaces et intimidations des grands pays « démocratiques », USA en tête. 

Pour faire plier la Russie, tout peut-être utilisé, et surtout l'arme économique, en bloquant, comme l'administration américaine l'a demandée, l'entrée de la Russie à l'Organisation Mondiale du Commerce, ou en la suspendant de son siège au G8. 

A côté de ces mesures l'Amérique a ressortie son plan de bouclier anti-missile, déployé notamment en Pologne et aux portes de la Russie. Enfin pour un peu plus tenir la Russie sous surveillance elle a proposée au gouvernement Ukrainien pro-américain de rejoindre l'OTAN. 

L'Union Européenne, minée par ces divisions n'a pas voix au chapitre, ou si peu, et l'on a été tout émoustillé d'apprendre que Sarkozy a faillit quitter la table des négociations à Moscou devant l'intransigeance de Dmitri Medvedev. Au final la sagesse l'a emportée et Wladimir Poutine a salué le travail du Président Français pour faire avancer la diplomatie. 

Il est probable que la France est choisie une relative indépendance, seulement le tort de nos dirigeants est de ne pas savoir s'affranchir de Washington. Peut-être sommes-nous plus indépendants que la plupart de nos voisins vis-à-vis de la politique américaine, mais face à notre poids dans l'histoire ceci est encore trop mince. 

Ayons le courage de dire que nous ne devons rien aux Etats-Unis, que la « Libération » de 1945 n'a été que la soumission à une dictature bien pire. Osons affirmer que, tout en recherchant un accord loyal avec les Etas-Unis, nous n'avons pas les mêmes intérêts et par conséquent pas la même politique.

Seule la Russie a aujourd'hui ce courage et préfère garder son modèle plutôt que de singer celui de l'Occident.

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