Ce que nous enseigne l’embuscade Afghane
 # Politique # International Le 10 septembre 2008 à 14h11 
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L'Afghanistan, voila une contrée lointaine, une guerre presque oubliée, qui ne ressort sur le devant de la scène médiatique que lors d'opérations d'envergures ou à l'occasion des changements de commandements. Cette guerre qui dure depuis 7 ans passe inaperçue, et pour cause… La France ne possède aucun intérêt dans cette région du monde. Seule une totale inféodation aux Etats-Unis de notre classe dirigeante peut expliquer que depuis 7 ans plus de 3 000 soldats Français combattent dans cette région du monde. Il aura fallu une embuscade meurtrière le 19 août dernier, au cours de laquelle 10 de nos soldats ont trouvés la mort pour que ce conflit oublié se retrouve sous les feux des médias et de l'opinion.

Cette opération militaire, somme toute banale puisqu'il s'agit d'une patrouille, transformée en carnage pour nos troupes (10 morts et 21 blessés sur 100 hommes engagés), soulèvent un certain nombre de questions sur ce conflit. Nous retiendrons pour notre analyse trois points essentiels : la pertinence de notre présence dans cette région du monde où nous n'avons aucun intérêt stratégique, la fragilité de notre armée à l'heure où un pouvoir médiocre l'ampute de ses moyens, l'impréparation de notre société à supporter la mort et les souffrances inhérentes à une guerre.

La France est en Afghanistan aux cotés des Etats-Unis depuis 2001. Cette décision du Président Chirac, prise dans le « choc » post 11 Septembre, nous engage dans le camp des pays luttant contre « l'Axe du mal ». Ce concept, définit par les néo-conservateurs, désigne en fait tout opposant à la domination planétaire des USA. De cela Chirac ne veut rien savoir, n'a-t-il pas déclarer en survolant New-York, le 14 septembre 2001  « en cet instant nous sommes tous américains ». Notre pays doit donc envoyer des troupes pour soutenir notre fidèle allié dans sa lutte contre les abominables Talibans. Le comique de l'histoire est que ces Talibans ont été armés pendant 10 ans par les Etats-Unis pour lutter contre l'envahisseur soviétique. Washington préférait, comme à son habitude, jouer la carte de l'Islam radical, plutôt que du nationalisme arabe ou centre-asiatique. L'ennui lorsqu'on manipule des produits dangereux est qu'ils peuvent vous exploser à la figure, ce qui s'est produit un certain 11 septembre 2001. Nous nous référons là à la thèse communément admise sur ces attentats, bien que de nombreuses questions restent en suspens, surtout si l'on considère que les seuls bénéficiaires de l'opération sont les Etats-Unis. 
Notre présence étant jugée indispensable aux yeux de nos dirigeants, nos braves soldats n'ont plus qu'à ce faire tuer pour l'honneur de l'Oncle Sam. Ne nous voilons pas la face, nous n'avons rien à faire dans ce conflit. Notre pays n'était pas visé par les attentats, nous n'avons pas d'intérêts dans cette partie du monde, qu'ils soient stratégiques ou économiques, nous sommes loin de notre zone d'influence traditionnelle qu'est l'Afrique (dont nous nous faisons déloger en parallèle par les USA). 
Le but officiel de cette guerre est de combattre le terrorisme dans l'un de ces fiefs, et d'apporter à un pays « barbare et moyennageux », Sarkozy dixit, les lumières de la démocratie. Nous ferions mieux de nous occuper à contrôler nos frontières, à traquer les Islamistes qui pullulent en Europe, plutôt que de donner des leçons au monde. Malgré tout cela, le Nimbus Elyséen, a décidé d'envoyer des soldats Français en renfort dans le bourbier Afghan, à la fin du printemps. Cette décision n'est pas surprenante de la part d'un homme qui affiche si ostensiblement son inféodation à l'Amérique. On peut juste être surpris de ne pas le voir, désireux de montrer l'exemple à la Nation, envoyer son fils, le matamore des Hauts de Seine, en découdre avec les ennemis de la démocratie. Il préfère que la guerre soit faîtes par les soldats professionnels, vrais fils de France, que par sa progéniture.

Peut-être n'a-t-il pas tort lorsqu'on connaît le délabrement actuel de notre armée, encore aggravé par les mesures drastiques de restriction des budgets militaires prévues par le Livre Blanc de la Défense.
Dans ces conditions, comment pourrait-il espérer revoir son fils vivant ?
Sans remettre en cause le professionnalisme de nos soldats issus des formations d'élite, il faut bien mesurer que l'Armée Française n'a plus les moyens de sa politique et de ses missions.
Des matériels vieillissants, un manque de moyens général entraînant la baisse de la fréquence des entraînements, des munitions en nombre insuffisant. Or nous savons que dans des opérations de ce type la cohésion de la troupe, l'esprit de corps qui s'y est forgé, les automatismes que l'on a répétés sont des facteurs clés de la réussite des missions. Cependant, ce type de conditionnement, qui permet de réduire au minimum les pertes en vies humaines, ne se conçoit que dans le prolongement d'un entraînement intensif, que les moyens actuels donnés à notre armée ne permettent pas de mettre en place. La responsabilité du Chef de l'Etat, et Chef des Armées est directement engagée puisque, prenant le commandement de la zone militaire de Kaboul à la suite des Italiens, l'Armée Française avait l'ordre de « tenir toute la région ». Ceci est digne des rodomontades du style « nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». En effet les Italiens, conscients de leurs faiblesses ont préférés, pour une cause qui ne les concerne pas plus que nous, ne pas patrouiller dans les territoires trop sensibles. Avec « Super-Sarko », pas question que la France se débine. Le commandant de la zone de Kaboul a fait savoir que l'Armé Française n'aurait pas de territoires interdits. On aimerait qu'il en soit de même dans les banlieues françaises. Ce discours martial pourrait se comprendre avec des troupes disposant du matériel et de l'entraînement adéquats. Or, il n'en est rien, bien au contraire, et se genre de postures nous amène à une cérémonie funèbre aux Invalides, pour honorer la mémoire de 10 soldats sacrifiés.

Ce sacrifice, dont Sarkozy, a dit « qu'il n'avait pas été vain », nous conduit à analyser la manière dont a été perçu ce drame. Il ne s'agit ici, ni de porter atteinte à l'honneur des victimes, ni de minimiser la souffrance des familles qui se voient brutalement privées, d'un fils, d'un mari d'un père ou d'un frère, pour une cause étrangère à la France. Nous devons malgré tout constaté le décalage entre le nombre de soldats tués, dix, dix de trop certes, mais pas plus, et l'affliction généralisée de la population française et son refus de comprendre. Ce réflexe est compréhensible, depuis près de 20 ans on nous parle de guerre propre, du mythe, forgé par l'Armée américaine du 0 mort. Tout d'un coup les Français ont repris conscience que la guerre tue, et qu'être soldat ce n'est porté des sacs de riz, faire de l'humanitaire, ou tout autre métier, comme nous le font croire les campagnes de recrutement. Le premier métier d'un soldat est celui des armes, un soldat est avant tout un combattant, prêt si nécessaire à tuer, ou à sacrifier sa vie. Un soldat n'est pas un fonctionnaire comme les autres. Perdre la vie, fait partie du risque de ce métier, que d'aucuns ont choisis par passion, et par goût du service. 
Que nous ayons du mal à l'admettre est compréhensible, mais nous devons nous poser la question de savoir comment nous réagirions face un nombre de morts plus élevés. Dans un monde où les dangers se multiplient, cette interrogation est loin d'être anodine. Comment ne pas penser qu'un jour la guerre peut se rapprocher de nos territoires, avec les bombes à retardement que sont l'immigration de masse et le communautarisme ? Notre peuple serait-il capable de surmonter l'épreuve d'une guerre, rien n'est moins sûr ? Notre résistance serait alors vaine car nous préférerions nous coucher devant l'envahisseur plutôt que de risquer nos vies.
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