Guerre en Géorgie : Pourquoi l’Occident essaie d’affaiblir la Russie
 # Politique # International # Géopolitique Le 01 septembre 2008 à 20h29 
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Incontestablement, l’événement majeur de cet été 2008, sur la scène internationale, mis à part les Jeux Olympiques de Pékin dont nous reparlerons, a été la crise, puis le conflit ouvert entre la Russie et la Géorgie. Cette tension, sous-jacente depuis plusieurs années, est révélatrice des intérêts stratégiques qui se jouent dans le Caucase, comme de la volonté de Washington de pousser ses pions de plus en plus en avant vers l’Est.

Nos médias, aveuglés par leur américanophilie (voir à ce sujet les reportages dithyrambiques sur la Présidentielle américaine), et leurs préjugés sur la Russie tentent de nous dépeindre la situation comme un retour à la Guerre Froide.

Ce constat relève d’une argumentation partielle et à courte vue. La situation actuelle est bien différente de celle de la Guerre Froide. Evidemment, pour les professionnels de la médiacratie, passés en 2 décennies de l’admiration zélée du totalitarisme communiste, à l’aplatissement devant l’Empire américain, ce conflit est une mauvaise nouvelle car il administre la preuve que la toute puissance américaine est friable, et surtout qu’il existe un recours à « l’American way of life ».

Une chose est sûre en tout cas, la Russie est de retour sur la scène internationale. Car si « l’Ours russe » a une nouvelle fois rugit ce n’est pas sans raison, et toute puissance d’envergure aurait réagi de même dans une situation similaire.

Qui ne voit, en effet, que la petite Géorgie, n’a pas défiée tout seule son puissant voisin ? Comment ne pas voir, à l’heure où la situation mondiale semble leur échapper, du bourbier Afghan, à l’impasse Irakienne, que les Etats-Unis font tout pour redresser la situation et garder la main mise sur le Globe ?

Comment imaginer, que Washington ne cherche pas à contrôler la route des oléoducs, alors que la récession et la crise économique frappent durement l’Amérique ?

Enfin, et surtout les Etats-Unis et leurs alliés, voient leur domination contestée par l’émergence de la Chine, de la Russie et dans une moindre mesure de l’Inde. Tout ceci contrecarre le plan mis en place par Bush senior après l’effondrement du Bloc Soviétique, à savoir la constitution d’un monde unipolaire sous domination américaine qui favoriserait l’émergence d’une démocratie mondiale. Longtemps ce projet a semblé réussir, mais la réussite exceptionnelle de l’économie chinoise et le retour fracassant de la puissance Russe grâce à l’action de Wladimir Poutine, lui ont porté un coup fatal.

Cette situation a amené les Etats-Unis à réutiliser la vieille stratégie du « containment », inventé par la CIA pour contrer l’avancée soviétique. Pour ce faire les services américains, avec l’aide de l’Union européenne ont cherché à déstabiliser les pays satellites de la Russie. Ainsi l’Occident a tout fait pour isoler la Russie au sein de sa zone d’influence. L’un des tours les plus forts fût la mascarade de la Révolution orange en Ukraine en 2005. Il s’agissait pour Washington d’installer à Kiev un gouvernement docile et surtout anti-russe. D’ailleurs les Etats-Unis avaient déjà œuvrés dans l’ombre pour faire éclater l’Empire soviétique en 1991. En effet, si l’URSS des 15 républiques étaient une construction hasardeuse, le bloc formé par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie, était parfaitement cohérent, ethniquement, religieusement et culturellement. Ce projet, si cher au cœur d’Alexandre Soljienytsine, n’a pu se réaliser car les Etats-Unis ont habilement entretenu les rancoeurs nationalistes.

L’affaire Géorgienne de cet été procède de la même politique. Installer en Géorgie un gouvernement pro-occidental qui demandera immédiatement son rattachement à l’OTAN (organisation qui n’a aucune raison d’être depuis 1989 et la chute du Pacte de Varsovie), ce qui permettra d’installer des bases US à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. Cette stratégie permettrait à l’Occident de contrôler cette région du globe par où transite une grande partie des hydrocarbures.

La stratégie des Etats-Unis dans cette région est à rapprocher de leur volonté de créer un pipe-line géant, passant par la Géorgie et reliant les territoires du Moyen-Orient à la Turquie, qui comme nous le savons est un satellite des USA. Ce dispositif permettrait de faire transiter les hydrocarbures du Caucase hors du contrôle de la Russie, ce qui priverait celle-ci d’une partie de son pouvoir.

Ce projet, scandaleux par nature, l’est également car il dénie le droit que possède la Russie d’avoir une zone d’influence. Si nous faisons un peu de géopolitique fiction, imaginons que la Russie, ou tout autre puissance, cherche à déstabiliser les régimes d’Amérique Centrale et Latine, pour y installer des gouvernements fantoches, dans le seul but d’exercer une pression et une surveillance de tous les instants du territoire américain. Quelle serait la réaction des Etats-Unis ? Il suffit de se rappeler la crise de Cuba en 1962 pour connaître la réponse.

Pourquoi refuser à la Russie cette place de grande nation et exercer sur elle des pressions qu’aucun Etat souverain ne tolérerait ? Cette rage, visible dans les réactions des Occidentaux, conjuguée à l’impuissance à faire reculer la Russie doit nous rendre espoir. La preuve est faîte que « l’Empire mondial » peut reculer, et que la première puissance du globe est un colosse aux pieds d’argile. Un sondage du Figaro demandait
si la Russie était une menace, les lecteurs de ce quotidien ont répondus oui à 53,43%, score assez faible si on tient compte du matraquage médiatique autour du « danger russe ».

Loin d’être un danger, la Russie est plus que jamais l’espoir pour les peuples d’Europe de voir la fin de l’impérialisme américain. Nos dirigeants devraient comprendre cela et se tourner résolument vers Moscou, afin de bâtir une Europe civilisation, cimentée par le Christianisme, allant de Brest à Vladivostock. Persister dans notre aveuglement pro-américain nous expose à être entraîner dans leur chute et à se voir dépasser par un axe Moscou Pékin.

Car pour ceux qui n’aurait pas encore compris, l’avenir se lève à l’EST.

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