Bordeaux : mauvaises nouvelles pour Juppé
 # Culture # Economie Le 25 juin 2008 à 16h38 
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Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, réélu triomphalement lors des Municipales de mars dernier (58% des suffrages au 1er tour), connaît depuis deux jours quelques difficultés qui pourraient ternir sa réputation de bon gestionnaire. En effet, depuis le début de la semaine, deux dossiers ont refait surface : celui sur la violence urbaine, avec la publication lundi du rapport annuel de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, qui classe Bordeaux parmi les 50 agglomérations où la violence est la plus forte, et, depuis hier le dossier du classement de la ville par l’UNESCO. Ces affaires contredisent l’optimisme béat de la municipalité.

Bordeaux, un petit Chicago ?

Cette question pourrait sembler une exagération de la réalité… Bordeaux fait partie, d’après le rapport annuel de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, des 50 agglomérations où la violence est la plus forte. Ce rapport, commandité par le Ministère de l’Intérieur, donc sujet à caution, n’en constitue pas moins une source de renseignement de première main. On apprend ainsi que Bordeaux et les 12 communes de l’agglomération qui forment la Circonscription de Police Judiciaire et regroupe 550 000 habitants figure dans le palmarès des 50 agglomérations les plus exposées (sur un total de 400). Cette montée de la violence à Bordeaux a de quoi inquiéter car d’après ce rapport (consultable à partir du Salon Beige), 60% des agressions commises sont « des coups et blessures volontaires non motivés par le vol ». Ceci a de quoi nous rassurer car, si des violences motivées par le vol peuvent se comprendre : (la victime provoque évidemment son agresseur en possédant quelque chose que lui ne possède pas), nous assistons sur Bordeaux à une augmentation sensible de la violence gratuite, motivée bien souvent par la haine, voire par le racisme anti-français. Comment ne pas voir que la recrudescence des viols dans notre cité, comme ailleurs en France, est la marque de plus en plus visible de la présence des allogènes. Une étude récente a une nouvelle fois démontrée que 70% des inculpés pour viol étaient d’origine exta-européenne. Bordeaux, ville tranquille, n’est plus qu’un lointain souvenir. Ceci est un secret de polichinelle, tant les soirées étudiantes du quartier de la Victoire sont devenues de véritables coupe-gorge.
Nous ne devons pas être étonnés d’une telle situation quand les politiciens qui nous gouvernent ont sciemment créés cette situation en supprimant les quartiers populaires de nos villes. Voyez Bordeaux, qui se divise entre quartiers bourgeois, abritant la vieille bourgeoisie locale, quartiers populaires réhabilités occupés par les BOBO, et quartiers populaires en déshérences colonisés par les populations extra-européennes. La classe moyenne a été contrainte de quitter la ville laissant la place aux trafiquants en tout genre. Face à cette situation, la mairie ne fait rien, se contentant d’être la gardienne des quartiers privilégiés de la ville. Juppé n’assure pas, avec la complicité du Préfet, la sécurité de ses administrés ! Comment dans ces conditions, réaliser les ambitions culturelles et touristiques que l’on a pour la ville (Bordeaux 2013 capitale Européenne de la culture) ? N’oublions pas qu’une des raisons invoquées pour ne pas retenir Paris pour l’organisation des Jeux-Olympiques de 2012 était justement liée à l’explosion des violences à Paris et dans sa proche banlieue.
Les visiteurs étrangers risquent de ne pas trouver à leur goût d’être victimes de la violence bordelaise.

Un classement UNESCO compromis

La deuxième mauvaise nouvelle de la semaine est l’arrivée à Bordeaux, lundi, d’une commission d’enquête de l’UNESCO, chargée de statuer sur les irrégularités du dossier de notre ville.
Depuis un an Bordeaux est classée au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, en raison de son patrimoine architectural unique, qui faisait dire au voyageur Anglais Arthur Young en 1788, que Bordeaux était la plus belle ville du Royaume de France. Pour obtenir ce classement, il est vrai que la Municipalité n’a pas ménagé ses efforts, en lançant des travaux de restauration tout azimut.
Cependant, on peut avancer que derrière l’impulsion qu’un tel classement donnait à la ville, il y avait les ambitions d’Alain Juppé qui, par la réussite de sa politique municipale, espère retrouver un destin national. Est-ce cette ambition qui a fait commettre aux services municipaux des fautes qui pourraient coûter à Bordeaux, une suspension du classement de l’UNESCO ?
Il ne s’agit pas de bagatelles, et l’on comprend l’agacement des instances internationales. En effet, deux fautes lourdes ont été commises. La première consiste à avoir fait abattre une écluse barrant les bassins à flots, afin de permettre le passage du tramway vers Bacalan et ainsi concourir au déferlement des Gitans peuplant le secteur vers le centre ville. Cette décision est d’autant plus contestable que l’écluse fait partie du périmètre classé. Le motif du coût élevé de sa rénovation est cependant dérisoire par rapport aux 2 milliards d’euros que coûte le tramway.
La seconde faute de la mairie est d’avoir menti à la Commission de l’UNESCO, l’an dernier, en ne présentant pas le projet de pont Lucien Faure reliant les deux rives de la Garonne. Or ce pont, est une véritable verrue dans le paysage bordelais, puisque ces piles de béton vont s’élever à 41 mètres, à quelques centaines de mètres des façades XVIIIème qui nous ont values le classement.
Cette manière de gérer un dossier est consternante, car elle obère les possibilités de Bordeaux si celle-ci perd son classement(sanction fortement évoquée hier par la Commission de contrôle et qui s’est déjà produit à Dresde). On ne peut pas prétendre faire de Bordeaux une capitale du tourisme tout en laissant construire en pleine ville un pont routier. Car, si la construction d’un pont à Bordeaux est nécessaire et urgente, il ne faut pas faire n’importe quoi. Le projet prévu n’étant qu’un mini pont d’Aquitaine en pleine ville, afin d’accueillir, notamment, le trafic camion. Les besoins sont pourtant autres avec la création d’un pont vraiment au cœur de ville, en harmonie avec son environnement architectural et permettant le passage des flux de voitures vers la Rive Droite.

Ces deux affaires montrent que la gestion Juppé n’est pas la meilleure, loin de là, malgré d’incontestables réussites. Cependant, nous ne pouvons rester impassibles devant certaines décisions municipales qui seront lourdes de conséquences pour Bordeaux et ses habitants.
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