Russie : la diarchie au pouvoir !
 # Politique # International Le 05 juin 2008 à 10h20 
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Les cérémonies commémorant la fin de la Seconde guerre mondiale et la victoire de l’URSS sur l’Allemagne ont été marquées cette année par la passation de pouvoir entre Wladimir Poutine et son dauphin, Dmitri Medvedev. Cette passation s’est doublée de la nomination de Wladimir Poutine au poste de Premier Ministre, instaurant au sommet de l’Etat russe, un système bicéphal.

Nous connaissions le nom du nouveau président de Russie depuis la publication des résultats officiels des Elections présidentielles, le 9 mars dernier : Dmitri Medvedev, 42 ans, candidat du parti Russie Unie, et dauphin du Président Poutine. En effet Monsieur Medvedev arrivait nettement en tête à l’issue du 1er tour de scrutin avec 70.4% des suffrages exprimés, devançant le candidat du Parti Communiste et Wladimir Jirinovsky. Ce score venait corroborer l’excellent résultat de Russie Unie aux Législatives du 2 décembre 2007. Une inconnue demeurait cependant, quel allait être le sort du président sortant, Wladimir Poutine, à qui la Russie devait d’être redevenue une grande puissance ?

La plupart des observateurs de la vie politique russe s’accordaient pour voir en Poutine le nouveau Premier Ministre Russe, et le véritable homme fort du pays. Les grands médias occidentaux, atteints d’une hystérie anti-russe depuis que ce pays, redevenu une puissance majeure, est capable de tenir tête aux Etats-Unis, pariaient même sur une possible guerre des pouvoirs entre Messieurs Poutine et Medvedev. Ce plan, qui n’en doutons pas, aurait comblé Washington, n’est pas à l’ordre du jour.

Le 8 mai dernier, dans les salons d’honneur du Kremlin, devant l’ensemble du Parlement russe et des corps constitués, Dmitri Medvedev, prêtait serment sur la Constitution et devenait le troisième Président de la République de Russie. Aussitôt, il nommait Wladimir Poutine Premier Ministre et chef du Gouvernement. Ainsi la continuité semble assurée en Russie, car si le nouveau Président entend être le seul chef de l’Etat, il devra compter sur l’expérience du pouvoir de Wladimir Poutine, appuyée sur une côte de popularité au zénith depuis 7 ans. Cette situation inédite peut servir les intérêts de la Russie, et au-delà de l’Europe entière. En effet, la Russie peut désormais parler de deux voix, qui, pour peu qu’elles s’accordent, peuvent élargir considérablement son influence. Dmitri Medvedev passe pour être plus souple que son prédécesseur, ce qui peut désarmer certaines oppositions à la Russie. Ceci peut se révéler bénéfique, surtout si, par ailleurs, Wladimir Poutine maintient un ton de fermeté et une volonté de rupture vis-à-vis de l’Occident américanisé.

Comme nous l’avons maintes fois écrits à Dies Irae, l’Europe, si elle veut survivre en tant que civilisation a tout à gagner à se rapprocher de la Russie. Celle-ci est la seule puissance qui puisse rivaliser, par son étendue, sa force militaire, et ses ressources naturelles avec le géant américain. La preuve de cette puissance Russe retrouvée nous a été apportée lors du défilé militaire du 9 mai, célébrant la victoire sur l’Allemagne, au cours duquel ont défilé sur la Place Rouge plusieurs dizaines de milliers de soldats de l’armée russe, qui, s’ils ne sont pas encore aussi bien équipés que les yankees, possèdent un armement de plus en plus performant et moderne. Le clou du défilé reste la présentation des derniers modèles de missiles nucléaires intercontinentaux, capables d’atteindre n’importe quel point du globe. Ce défilé, où transparaissait la fierté russe, nous permet d’établir un parallèle avec notre 14 juillet. Chez nous, l’armée n’est glorifiée que parce qu’elle est le creuset de la diversité, et du modèle républicain. En Russie, elle est l’image de la puissance du pays, un pays dont les habitants sont fiers.

Dies Irae adresse ses félicitations au nouveau chef de l’Etat russe, ainsi qu’à son Premier Ministre, non par allégeance quelconque, mais parce qu’une analyse froide de la géopolitique mondiale, nous fait dire que seule une Europe confédérale, enracinée, fière de ses racines et appuyée sur la puissance russe, peut aujourd’hui renverser l’ordre mondial.
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