| Communauté Urbaine de Bordeaux : L’UMPS aux commandes ! | |
| # Politique | Le 15 avril 2008 à 12h05 |
Depuis vendredi le suspens qui entourait le renouvellement des instances dirigeantes de la Communauté Urbaine de Bordeaux a pris fin. En effet un accord de gestion, signé par l’ensemble des mouvements politiques présents au Conseil de Communauté, a établie un modus vivendi par lequel l’ordre ancien est maintenu. Cette affaire est révélatrice des magouilles politiciennes, et devrait ouvrir les yeux des naïfs qui pensent encore qu’il y a une différence entre UMP et Gauche.
La Communauté Urbaine de Bordeaux est l’Etablissement public qui depuis 1968 gère la politique de l’agglomération bordelaise, sur 11 compétences diverses allant de l’environnement à l’assainissement en passant par les transports, la collecte des déchets, la voirie ou l’activité économique. Cette communauté de communes est composée de la Ville de Bordeaux et des 26 communes de sa périphérie, faisant de la CUB, la 5ème agglomération française, derrière celle de Paris et les trois Communautés Urbaines de Lyon, Marseille et Lille, avec près de 700 000 habitants. Pendant les années de mandatures Chaban, sur Bordeaux, la ville centre et la CUB avait le même « patron » ce qui facilitait la prise de décision. Ceci résultait d’un accord tacite entre le Gaulliste Chaban et la Gauche Girondine. Ces « petits accords entre amis » sont possibles car la représentation au sein du Conseil Communautaire, l’instance dirigeante de la CUB, se fait de manière indirecte. Ce sont les élus municipaux des 27 communes de la CUB qui siègent au Conseil, selon une répartition qui tient compte de la population de la commune d’origine de l’élu ( à ce titre Bordeaux envoie le plus grand nombre d’élus), et du nombre de suffrages recueillis par les différents mouvements politiques ( ainsi le FN a pu avoir 2 représentants à la CUB entre 1989 et 1998, mais plus aucun depuis). Ce mode de désignation des 120 élus Communautaires est donc propice à toutes les manœuvres. Ainsi en 2001, la Gauche était majoritaire en sièges (61 contre 59), mais après plusieurs semaines de tractation, Alain Juppé était élu Président grâce à 2 voix d’élus de Gauche et quelques abstentions. Après le triomphe de ce dernier aux Elections Municipales dernières à Bordeaux et le maintien de l’UMP/MODEM sur des communes stratégiques comme Talence, nous nous retrouvions 7 ans en arrière (61 élus de gauche/59 UMP et alliés), et avec une possibilité de voir Juppé Président de la CUB. Las ! La manœuvre qui avait si bien réussie il y 7 ans aurait peut-être eu du mal à passer cette fois. Négociations il y eût donc. Celles-ci furent feutrées et serrées, bien loin du populo que l’on prétend représenter. Au final, Vincent Feltesse, Président sortant de la CUB et maire PS de Blanquefort va être réelu vendredi 18 avril, puisque l’UMP ne présentera pas de candidat. Alain Juppé reste 1er Vice-Président. Les 36 vices-présidence sont réparties équitablement (18 Gauche, 18 UMP) entre les deux formations majoritaires. Chacune garde ses positions fortes : la Gauche aux Finances, l’UMP aux Ressources Humaines, le reste à l’avenant… Cette manière de fonctionner prouve une nouvelle fois que le clivage Droite/Gauche n’existe plus que dans l’esprit d’électeurs naïfs, et que les soi-disant adversaires politique s’entendent toujours lorsqu’il s’agit de se partager le butin. En une phrase, le combat oppose sur Bordeaux le « Parti Unique », au Mouvement Nationaliste, Identitaire et Enraciné, c'est-à-dire DIES IRAE. |
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