Les conflits sociaux, un combat d’un siècle et demi de retard
 # Société # Economie Le 12 janvier 2008 à 15h45 
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Les grèves de la fin d’année 2007, aussi bien dans les transports ferroviaires qu’aériens sont l’exemple même de conflits qui ne se résoudront jamais. Avant même d’avoir commencé, les dés sont déjà pipés par les deux instances protagonistes, grand patronat et syndicats, qui défendent plus un système idéologique que l’intérêt de leur entreprise dans son ensemble.
Les syndicats, malgré leur soi-disante modernisation, restent dans un esprit de lutte des classes. Leur retard idéologique est flagrant puisqu’ils ne se sont même pas aperçus du glissement de leur population syndiquée. La France étant de plus en plus pauvre, la chaîne des premières victimes des restructurations a évidemment changé et c’est au tour des cadres d’être licenciés. Evincé du pouvoir décisionnel des entreprises, les cadres tentent de trouver, au travers des syndicats, une bouée de secours pour préserver leur gagne pain. Alcatel-Lucent est l’exemple le plus révélateur.
Le grand patronat est peut-être encore plus idéologisé et nousen avons moins conscience. Il persévère dans sa croyance au marché en agissant en fonction des effets d’annonce qu’apprécient les investisseurs.
C’est pourquoi ni les syndicats, ni les patronats ne permettent et ne permettront des sorties de crise. Ce constat n’est pas simplement dû à une mauvaise organisation des instances économiques et sociaux, c’est la résultante d’une fausse conception de la société. Les tentatives de résolutions de conflits sociaux iront donc d’échec en échec.
La constitution des organes sociaux est aujourd’hui régie par un principe philosophique économique libéral du XVIII° siècle affirmant la supériorité de l’attitude individualiste sur la régulation par les corps intermédiaires. Ce principe est aussi bien appliqué par les syndicats marxisants que par le grand patronat mondialiste.
Les syndicats marxisants ont pour objectif de réunir l’ensemble des salariés ayant le même intérêt égoïste. La défense de ses intérêts entraîne inévitablement au conflit. Comme le rappelle Hobbes : l’Homme a « une inclination naturelle à un désir égoïste illimité de possession et de jouissance sensible et sensuelle. Ce désir est naturel mais il est aussi source de conflit et de guerre permanente et de violence indifférenciée de tous contre tous ». Ce conflit, les syndicats marxisants l’appellent évidemment la lutte des classes ; les mondialistes, eux, l’appelle le marché …
La philosophie mondialiste croit en la supériorité du marché. Par ses choix égoïstes, l’homme améliore la situation globale de la société. C’est le fameux principe de « vice privé, vertu publique » (Dans la « Fable des abeilles », Bernard MONDEVILLE, 1714 ) de Bernard MONDEVILLE, philosophe hollandais anti-chrétien. L’individualisme devient le principe phare de la gestion de la société.
C’est une véritable loi de la jungle qui s’opère où le plus fort écrase le plus faible. Si les protagonistes des conflits sociaux continuent à vouloir agir sur la base de ce principe, rien ne sera jamais réglé et les citoyens français continueront à être victimes, directement ou indirectement, des multiples grèves, restructurations, délocalisations etc., qui se multiplient inexorablement.
Dies Irae affirme que l’intérêt des patrons et salariés est commun. Le premier est évidemment la survie de leur profession. Dies Irae affirme aussi que l’Homme seul n’existe pas et qu’il ne peut survivre que dans des communautés superposées les unes aux autres, la première étant la famille, jusqu’au métier et à la Cité.
C’est pourquoi Dies Irae propose de multiplier, favoriser et développer les « Pôles de compétitivité ». Les principes de fonctionnement sont les suivants : C’est, sur un territoire donné, une association d’entreprises, de centres de recherche et d’organismes de formation engagée dans une démarche partenariale, destinée à dégager des synergies autour de projets innovants.
Plus qu’une association nous donnerions à ces pôles de compétitivité un statut juridique. Ce statut permettrait, en plus des compétences qu’ils détiennent, d’avoir un pouvoir décisionnel aussi bien au niveau économique que social. Nous voudrions aussi, même si nous en comprenons la logique d’efficacité, ne pas réduire ce pôle à une zone géographique trop restreinte.
Dies Irae croît que la liberté est l’élément moteur du dynamisme, de l’initiative et de la performance. Nous croyons indispensable un équilibre moral et une bonne santé économique pour normaliser la vie politique et culturelle française. Il faudrait d’abord que les électeurs réagissent et arrêtent d’élire des hommes politiques qui n’ont pas encore compris que le système est pourri de l’intérieur et que ce sont les racines qu’il faut changer et non les branches.
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