| Sarkozy, l’homme qui ne change pas une politique qui perd | |
| # Politique | Le 25 mai 2010 à 19h09 |
Qu’il ne faille pas changer une équipe qui gagne, c’est une des premières règles que nous apprenons lorsque nous menons un groupe. Mais ne pas changer une politique qui perd, c’est ce que nous apprenons avec Nicolas Sarkozy. Les équilibres des puissances sont clairement en train de changer. Outre les hautes perceptions de la première dame de France sur sa vie de couple, ce sont les deux derniers voyages du président français ou plutôt ses deux derniers outrages qui marqueront l’influence de la France, déjà en déliquescence, dans le monde. Notre président a d’abord décommandé in extremis, le 18 avril dernier, sa présence aux obsèques de Lech Kaczynski, le feu président polonais peu enclin à suivre les instructions du nouvel ordre mondial*. Nicolas Sarkozy a ensuite commis le nouvel impair d’annuler au tout dernier moment le déplacement qu’il avait promis de faire le 9 mai dernier à Moscou à l’occasion du 65ème anniversaire de la victoire de 1945. Cette claque a d’ailleurs été d’autant plus retentissante que les autorités russes souhaitaient donner un lustre particulier à cette commémoration. Elles avaient invité pour la première fois des troupes alliées à défiler sur la place Rouge. Il faut savoir qu’à cette commémoration étaient présents : le président chinois, Hu Jintao, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président polonais par intérim, Bronislaw Komorowski, entre autres. Pour l’année croisée de la France et de la Russie, quelle prodigieuse marque d’amitié. En deux jours distincts, Nicolas Sarkozy a donc réussi à perdre deux alliés alors que la France n’avait qu’à en retirer des avantages. Pour comprendre l’importance de cette grave erreur stratégique de Nicolas Sarkozy, il faut remonter au 8 avril dernier. Ce jour-là, Barack Obama choisit de réunir, à l’occasion de ce qui sera appelé « Le dîner de Prague », onze chefs d’Etats de l’Est européen. Que nous apprend ce dîner ? Que les Etats-Unis ont décidé de changer de stratégie. La première puissance mondiale ne voit plus la Russie comme une menace mais comme un partenaire (probablement contre la puissance chinoise émergente). Dans les tourments causés par l’implantation du bouclier anti-missile dans cette région, on sait ce que cela veut-dire : désormais le partenaire privilégié des Etats-Unis devient la Russie. L’Europe ne compte plus. Elle ne comptait d’ailleurs pas beaucoup. Quelle humiliation de voir les Etats-Unis donner des règles de conduite aux pays d’Europe de l’Est sans qu’aucun pays d’Europe occidentale ne se manifeste ou ne soit même convié. Quel baromètre éloquent que la perception de la puissance européenne par les Etats-Unis ! Plutôt que d’avancer ses pions, Nicolas Sarkozy continue à développer un amour démesuré envers une puissance américaine en perte de vitesse. Il affronte une puissance russe grimpante qui a marqué sa bonne volonté en nous achetant nos navires de guerre. Il exclut l’Europe de l’Est d’une zone d’influence française potentielle, elle qui vient de perdre le tout-puissant états-unien. En clair, Nicolas Sarkozy aurait difficilement fait pire. Le plus grave est que nous voyons une Allemagne, éternelle compétitrice de la France sur le continent européen, accroître sans cesse son influence. L’Allemagne devient un partenaire plus que jamais privilégié de la Russie. Elle continue à bénéficier d’une influence culturelle importante dans les pays d’Europe de l’Est. Nous avons vu, au travers de la crise grecque, que c’est elle qui, dorénavant, impose les règles du jeu au pays européens croulant sur leurs dettes. Pauvre France qui perd tous les jours de son influence et de son identité. Pauvres Français qui se sont battus pour elle, pour en arriver là. Dies Irae n'a pas la prétention d'expliquer les tenants et aboutissants de la politique. Pourtant, nous continuerons à dénoncer celle menée par nos gouvernants, car le seul soucis de la vérité suffit amplement pour pointer les manœuvres politiques opposées au Bien Commun. * Vous rétorquerez que le nuage empêchait tout déplacement. Nous répondrons d’abord que Vladimir Poutine a traversé ce nuage sans avarie apparente ; les médias ont bien précisé que le nuage s’étendait sur toute la Biélorussie et le nord ouest de la Russie. Ensuite, un hélicoptère aurait pu faire le trajet en un ravitaillement. Cette carte repris par le journal du net Rue 89 (dont on ne pourra pas accuser de complaisance avec nos remarques) montrent clairement que le nuage atteint la Biélorussie et le Nord ouest de la Russie : http://www.rue89.com/2010/04/16/le-grand-chasse-croise-des-nuages-de-cendre-et-des-greves-sncf-147719 |
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