Europe : le pompier pyromane
 # Economie # Géopolitique Le 15 mai 2010 à 12h45 
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La Grèce aidée par l’Union Européenne : le pompier pyromane ou le vendeur de souveraineté.

Le déferlement médiatique autour de la Grèce, qui ne représente que 0,2% du PIB de l’Union Européenne(1), vous avez bien lu : 0,2% du PIB de l’UE, nous paraît largement disproportionné par rapport à sa taille. C’est sur ce constat simple que nous nous posons légitiment deux questions : est-ce que le plan annoncé sauvera la Grèce ? Mais surtout, pourquoi un tel déferlement médiatique sur un pays si insignifiant ? Les réponses, vous les connaissez : tant que l’Union Européenne ne s’attaquera pas aux racines profondes de la crise à savoir une politique ultralibérale exacerbée, l’Union Européenne continuera à entraîner la Grèce et tous les autres pays membres à leur perte. Aussi importants que soient les fonds pour aider la Grèce, elle ne s’en sortira jamais.  En revanche la deuxième question est plus énigmatique ; ce qui se trame derrière cette affaire est probablement le début d’un abandon progressif forcé de la souveraineté des nations. Et si ce deuxième constat était la véritable clef de la crise grecque ?

Que l’Union Européenne ne sauve jamais la Grèce, c’est une chose quasi acquise. Georges Soros en personne, célèbre financier, n’a pas dit autre chose. Il déclarait d’ailleurs dans sa tribune du Financial Times que l’Union Européenne « ferait face à des défis plus grands que la Grèce » (2). Et ce ne sont pas que des paroles puisqu’il les a confirmées par des actes. Selon le Wall Street Journal, « l'homme-qui-a-fait-sauter-la-Banque-d'Angleterre »(3) aurait réuni le 8 février dernier les principaux fonds spéculatifs américains pour parier sur la parité euro-dollar (1 € = 1 $). Même si dans sa tribune, ses arguments laissent dubitatif, son pari est compréhensible. Le véritable problème de l’Union Européenne est qu’elle ne protège pas ses frontières, qu’elle se laisse envahir par des produits venus des pays « submergents »(4) et qu’elle s’expose volontairement à la concurrence du monde entier, ce qu’aucun pays au monde ne fait. Tant que l’Union Européenne n’aura pas l’ambition de protéger son territoire d’une concurrence inégale qui profite d’un dumping social que nous sommes incapable d’égaler, le problème de la Grèce, comme demain celui de l’Espagne et après-demain celui de la France ne sera jamais résolu. Si l’Union Européenne ne change pas de politique, elle attisera les risques de faillite qui se profilent chez tous ses Etats membres (France comprise et Allemagne exclue).

Mais la question ne s’arrête pas là. Ce qui surprend le plus est l’animation et la logique évènementielle qu’on a voulu faire autour du cas grec. Comme nous le soulignons plus haut, et malgré toute la sympathie que nous avons envers ce pays duquel viennent beaucoup de nos racines, la Grèce ne représente rien à l’échelle de l’Union Européenne. L’explication pourrait être donnée dans la chronique de Georges Soros : que reproche-t-il à l’Union Européenne ? Tout simplement d’avoir une politique monétaire commune menée par la Banque Centrale Européenne (BCE) sans politique budgétaire commune. Et si la crise grecque n’était qu’un prétexte pour enlever la souveraineté des pays sans l’accord des populations ? Le souvenir des « non » français et hollandais à la constitution européenne est probablement encore amer. Tenir les pays financièrement pour leur imposer la tutelle du FMI et de l’Union Européenne est un excellent moyen de leur enlever leur souveraineté sans passer par les voies dites démocratiques. Le compositeur et ancien ministre grec Míkis Theodorákis ne s’est probablement pas trompé en déclarant « Il faudrait ainsi que nous soyons éliminés en tant que peuple »(5). Et comme annoncé, ce qui arrive à la Grèce arrivera à l’Espagne et plus tard à la France. Et nous n’aurons qu’à nous soumettre aux velléités des pouvoirs mondialistes.

La crise grecque n’est probablement que la continuité logique de la désintégration des nations européennes. Les autres nations européennes doivent se sentir menacées. Nous n’envions pas les Grecs comme nous n’envions pas les peuples qui seront soumis à la coupe du FMI et de la technocratie européenne. Le combat que mène Dies Irae est le maintien de la souveraineté française, contre la logique mondialiste qui a trop souvent montré sa nocivité. Parce que nous sommes persuadés de la valeur de nos idéaux, nous continuerons à œuvrer pour la vérité quels que soient les obstacles que l’on pourra nous opposer.


1 : Source : Fonds Monétaire International (FMI). Le FMI estime le Produit intérieur brut de l’Union Européenne à 16.447 milliards d’euros. Celui de la Grèce est évalué à 330 milliards d’euros.

2 : Tribune parue dans le Financial Times du 21 février 2010

3 : Surnom donné à Georges Sorros après avoir forcé Londres à dévaluer la Livre Sterling

4 : Expression de Maurice Lévy, PDG de Publicis, illustrant le nouveau paradigme mondial : une influence grandissante des anciens pays émergents qui deviennent selon son expression, « submergents ».

5 : « Qui veut détruire la Grèce ? » paru le 4 mai 2010. Cité sur le blog : http://www.voltairenet.org/article165288.html

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