Un baron de la chiraquie disparaît avec le décès de Philippe Séguin
 # Politique Le 07 janvier 2010 à 10h48 
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Nous apprenons ce matin le décès à 66 ans de Philippe Séguin, l'une des personnalités politiques les plus importantes de la vie politique française de ses 30 dernières années.

Philippe Séguin était un baron du gaullisme et de la chiraquie et l'un des exemples les plus aboutis de notre oligarchie républicaine. En effet, en plus de 35 ans de vie publique, Philippe Séguin a cumulé presque tous les postes et se retrouve donc être, avec quelques autres de ses pairs, l'un des principaux résponsables de la situation actuelle de la France.

Jugez plutôt : Auditeur à la Cour des Comptes en 1971, à sa sortie de l'E.N.A, l'Ecole Nationale d'Administration, promotion "Robespierre", cela ne s'invente pas, il intègre rapidement l'U.N.R, c'est à dire le mouvement gaulliste. Durant les années 70, il est membre du Cabinet de plusieurs ministres ou Premiers Ministres, dont Raymond Barre.

Parallèlement, il est élu député de la 1ère Circonscription des Vosges en 1978, mandat qu'il conserve jusqu'en 2002.
Maire d'Epinal de 1983 à 1997, il est également à partir de 1981, vice-président du R.P.R, et par là même soutien inconditionnel de Jacques Chirac. 

Sa fidélité est récompensée en 1986 puisqu'il entre au Gouvernement de cohabitation, dirigé par Jacques Chirac, en obtenant le portefeuille de ministre des Affaires Sociales et de l'Emploi. Durant ces deux années de cohabitation particulièrement difficile, il noue cependant des liens étroits avec François Mittérrand. Sa position gaulliste historique ainsi que son penchant social marqué, souhaitant notamment une intervention assez forte de l'Etat en matière économique et sociale le maintient à l'écart de l'aile libérale du R.P.R.

Cette position le conduit en 1992, en tandem avec Charles Pasqua autre gaulliste historique, à s'opposer à la ratification du Traité de Maastricht. La campagne du "Non" menée par les deux compères est un véritable succès qui ébranle fortement la classe politique française où seul le Front National se déclare opposé au Traité. Il est probable que le résultat atteint par ce dernier aux élections Régionales de mars 1992 a pesé sur la décision de Séguin/Pasqua qui comprennent que désormais le F.N est incontournable et qu'il vaut mieux reprendre certains de ses thèmes. Accordons cependant à Philippe Séguin un certain courage, car il entre à cette occasion en conflit direct avec son chef Jacques Chirac, qui saurra s'en souvenir le moment venu.

Malgré l'échec de la campagne du "Non", puisque le Traité est approuvé au Référendum du 20 septembre 1992 par 50.8% des suffrages, Philippe Séguin continue sa brillante carrière.

Aux Législatives de mars 1993, qui sont un triomphe pour l'alliance R.P.R/U.D.F qui rafle 460 des 577 sièges de l'Assemblée, Philippe Séguin devient Président de l'Assemblée Nationale, c'est à dire le 3ème personnage de l'Etat.

Il contribue largement à la victoire de Chirac aux Présidentielles de 1995 puisqu'il est l'inspirateur du discours social du candidat. Il voit cependant un de ses adversaires, Alain Juppé, devenir Premier Ministre et demeure Président de l'Assemnblée jusqu'aux Législatives anticipées de 1997.

A cette occasion, il se rapproche du courant libéral du R.P.R et souhaite créé une tendance sociale-libérale. Tissant ses liens un peu partout, il prend la présiodence du R.P.R en 1997, qu'il conserve jusqu'à l'échec des Européennes de juin 1999.
Il tente alors en 2001 de prendre la Mairie de Paris, mais refusant de fusionner sa liste avec celle de Jean Tibéri, Maire R.P.R sortant rattrappé par les affaires, et attendant un clair soutien de Chirac qui ne viendra jamais, il perd logiquement face à Delanoé.

Philippe Séguin se met alors en retraite de la vie politique et retrouve son poste à la Cour des Comptes, dont il devient Premier Président en 2004, preuve que dans notre belle démocratie égalitaire la reconversion est très facile lorsqu'on est haut-fonctionnaire et ancien ministre, pourtant chacun sait la réplique de Louis de Funès dans La Folie des Grandeurs  "Que vais-je devenir, je suis ministre, je ne sais rien faire ! ", apparament tout le monde n'a pas cette lucidité...


En disparaissant, Philippe Séguion laisse l'image d'un baron de la politique, d'un cumulard, même si on peut mettre à son crédit son combat de 1992 contre Maastricht et des positions relativement modérées quant au Front National.

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