| Pétrole, euro et le fantôme de Soros | |
| # Economie | Le 17 novembre 2007 à 12h38 |
Régulièrement, les informations données par les médias soulignent les difficultés d’une nouvelle profession, à cause de l’explosion du prix des matières premières et particulièrement du pétrole. Le prix du pétrole multiplie les records historiques et pèse sur la croissance des entreprises européennes, notamment françaises. Le mardi 13 novembre, nous avons vu Nicolas Sarkozy gesticuler afin d’obtenir une baisse du taux directeur fixé par la Banque Centrale Européenne (BCE) pour relancer la croissance française.
Or, que peut faire la BCE ? La BCE a en face d’elle un marché des changes Euro / Dollar sur lequel 600 milliards de dollars sont échangés tous les jours. Sur ces 600 milliards, 100 milliards de dollars* sont échangés en vue d’une transaction commerciale, c’est-à-dire pour l’achat de biens nécessitant l’usage de la monnaie américaine ou européenne. Le reste, 500 milliards de dollars*, n’est échangé qu’à des fins spéculatives. Si la BCE décide de diminuer ses taux d’intérêt et que le placement financier en zone euro devient moins intéressant que la zone Etats-Unis, alors tout ou partie de ses 500 milliards de dollar risque de fuir la zone euro. Et que peut-il arriver ? Mieux que des chiffres, l’exemple du pari opéré par Georges SOROS, milliardaire américain d’origine roumaine, nous met largement en perspective la puissance de ces opérateurs financiers. En septembre 1992, ce puissant spéculateur avait décidé de jouer la dépréciation de la Livre Sterling. La force de son attaque avait obligé l’Angleterre à déprécier sa monnaie et à la sortir du Système Monétaire Européen (SME), système qui voulait stabiliser le taux de change des monnaies des pays membres. Un et un seul spéculateur a donc pu décider du prix de la monnaie d’une des plus grandes places financières au monde. Aujourd’hui, le rapport de force a-t-il changé ? Un peu, mais il suffit que plusieurs spéculateurs se coordonnent pour devenir efficaces. Les paroles de Nicolas Sarkozy ne sont, une fois de plus, que des effets d’annonce. Le gouverneur de la Bundesbank, (Banque Centrale Allemande) Axel WEBER en est parfaitement conscient. Il a assuré, mardi dernier, que l’impact des critiques françaises sur les décisions de l’Institut Monétaire serait « nul ». Ainsi la France souffre d’une politique de la BCE plutôt favorable à l’économie allemande avec le risque de voir l’euro se dévaluer : un baril à 100$ n’a pas la même valeur quand l’euro cote à 1,44$ (soit 69,44€) que lorsqu’il cote à 0,8$ (soit 125 €, 80% de hausse) ; la croissance soutenue de la Chine et de l’Inde, les conflits au Proche-Orient (Iran, Irak, …) ne sont pas le signe d’une diminution des tensions qui existent sur le marché des matières premières. Encore une fois la performance des entreprises françaises pâtit de la centralisation de la politique monétaire de l’Union Européenne. * Statistiques de la BRI |
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