| Contestation du régime Iranien : des opposants très occidentalisés | |
| # Politique # International | Le 02 juillet 2009 à 13h13 |
Alors que l'hystérie médiatique autour de l'Iran semble retomber, personne encore n'a pu apporter la preuve de fraudes massives au cours du scrutin du 12 juin dernier. Et pour cause, peut-être n'ont-elles tout simplement pas eu l'ampleur qu'on veut bien leur donner.
Peu avant l'élection, les média occidentaux nous ont abreuvé de sondages qui présentaient la victoire de M. Houssein Moussavi comme acquise. Et pourtant, d'autres sondages, notamment ceux de Ken Ballen et Patrick Doherty publiés dans le Washington Post, laissaient entrevoir une toute autre réalité. D'après leurs enquêtes préélectorales réalisées en farsi (le "persan") dans l'ensemble des 30 provinces iraniennes, le candidat sortant réélu disposait d'une nette avance sur son adversaire. Alors pourquoi ce décalage entre les sondages et les résultats ? Tout d'abord pour des raisons linguistiques. Il n'y a pratiquement aucun journaliste occidental qui ne parle le farsi. D'autre part, très peu d'entre eux s'aventurent en dehors de Téhéran pour aller prendre le pouls dans les villes moyennes et les villages. Par conséquent, ils ne parlent qu'avec des gens "cultivés", maîtrisant l'anglais, pour la plupart issus des quartiers nord de la capitale, là ou résident la haute et la moyenne bourgeoisie majoritairement pro-Moussavi. Cet électorat se compose essentiellement d'étudiants ayant fait tout ou partie de leur cursus universitaire à l'étranger, d'hommes d'affaires et de membres des professions libérales. Par conséquent, les estimations des journalistes ont consisté en une extrapolation de sondages locaux à l'ensemble de l'Iran. Grave erreur de méthodologie, quand l'électorat d'Ahmadinedjad se recrute essentiellement dans les villes petites et moyennes et dans les campagnes et que ses soutiens sont issus de la jeunesse ouvrière pauvre, des artisans et des fonctionnaires ainsi que des femmes au foyer ne parlant que l'iranien et pas un mot d'anglais.
Cela ne veut pas dire pour autant non plus que les électeurs d'Ahmdinejad ne souhaitent pas de réformes : il ressort de ce sondage qu'une majorité d'entre eux désireraient un assouplissement sur la liberté de la presse ainsi que la possibilité d'élire le Guide Suprême. Il n'empêche que le patriotisme et surtout la politique de redistribution sociale (issue de la rente pétrolière) du gouvernement Ahmadinejad a permis aux classes populaires de se désendetter et d'obtenir des crédits à des taux très modiques ce qui a vraisemblablement eu raison du candidat Moussavi jugé avant tout trop libéral en économie. |
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