Bordeaux perd ses abattoirs en 2011
 # Société # Economie Le 11 mars 2009 à 12h23 
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Mauvaise nouvelle pour l’économie locale : Bordeaux perd ses abattoirs en 2011.

La nouvelle est connue depuis quelques mois et se confirme progressivement, la régie des abattoirs de Bordeaux doit fermer en 2011. Une agglomération de plus de 700 000 habitants va se retrouver sans abattoir digne de ce nom, et surtout pour une durée indéterminée car aucun plan de rechange n’est prévu. Comment en est-on arrivé là ? 
Depuis des années, il est patent que l’activité des abattoirs de Bordeaux tourne au ralenti, les bâtiments sont vétustes et les chaînes d’abattage, tournent en semi activité. Cette situation est due à des erreurs de gestion, et au désintérêt des politiques pour ce dossier. 
Les abattoirs sont pourtant le cœur du Marché d’Intérêt National de Brienne, le MIN, second marché de France derrière Rungis en région parisienne. Il s’agit bien d’un secteur clef, qui touche directement à l’approvisionnement de la ville et de son agglomération, alors pourquoi un tel désintérêt de la part des pouvoirs publics ?
Ce dossier est en réalité le reflet de la politique de nos édiles, totalement déconnectée de la réalité, et inconsciente du Bien Commun. 
Les difficultés des abattoirs remontent à l’ère Chaban. À cette époque une étude fait ressortir que les abattoirs se trouvent trop enclavés, loin de l’embranchement autoroutier et de la gare de triage d’Hourcade. Il est donc préconisé de délocaliser les abattoirs sur la commune voisine de Bègles. 
Les impératifs politiques étant ce qu’ils sont, Jacques Chaban-Delmas s’est toujours opposé au déménagement des abattoirs sur Bègles au motif que la ville était une municipalité communiste et qu’il « ne fallait pas faire de cadeau à l’adversaire. »
La situation s’est lentement dégradée jusqu’à l’incendie qui a ravagé les abattoirs il y a 10 ans. 
Au lieu de reconstruire ailleurs, l’équipe Juppé a maintenu le site, refusant de voir que les professionnels étaient de plus en plus réticents quant à la mauvaise desserte du lieu. 
Au final, la décision de fermeture a été prise au printemps dernier sans que des solutions de rechange viables n’aient été proposées. L’abattage des bêtes va être transféré vers les petits abattoirs régionaux, de Bazas, Langon, et vers les centres d'abattage de toute l’Aquitaine. Il est à noter que le sujet ne passionne pas Vincent Feltesse, le Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux dont dépendent les abattoirs. Pourtant, la situation est critique. En effet, si le personnel de la Communauté Urbaine qui encadre l’activité risque seulement de changer d’affectation, pour les personnes des chaînes d’abattage, qui sont personnel de droit privé, c’est la case ANPE qui les attend. En période de crise économique l’incurie des pouvoirs publics va mettre au chômage 40 personnes et priver l’agglomération bordelaise d’un complexe vital pour son approvisionnement.
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